Coupe du monde 2019 : les secrets des footballeuses américaines

Les États-Unis d’Amérique ont gagné la huitième coupe du monde de football féminin tenue à Paris du 7 juin au 7 juillet 2019. C’est la quatrième victoire de ce pays dans cette compétition.

Pourquoi les États-Unis ont deux victoires de plus que l’Allemagne et trois victoires de plus que la Norvège et le Japon ?

Au États Unis, le football est un sport féminin !

Le football que les américains appellent « soccer » est considéré exactement comme la danse : un sport féminin dans toute sa splendeur. Ce sport n’est pas assez violent pour les hommes qui aiment le basketball dont tout le monde a déjà entendu parler via la NBA. Les américains préfèrent aussi le football américain qui s’exporte peu en dehors de leur pays, mais dont le célèbre “Superbowl” est un événement lors duquel la seconde de publicité coûte 133 000 euros !

Les citoyennes des États-Unis ont eu toute la place possible dans le football (soccer) ce sport délaissé par les hommes. Les parents inscrivent plus facilement leurs filles dans un club de foot. Le statut du football au pays de Barack Obama est aussi lié à la naissance des USA le 4 juillet 1776 au terme d’un déchirement (pour dire le moins!) avec l’Angleterre. Les citoyens des États Unis ont

tenu à “se poser en s’opposant” à l’Angleterre et par ricochet à l’Europe où le football est effectivement roi.

La loi a donné aux femmes une place dans le football

Pour rappel, le football naît en 1860 au pays des Beatles. Trois ans après est créé le premier club. Mais les femmes sont exclues. Cette discrimination durera quasiment un siècle en Europe, car ce n’est qu’en 1970 que les dames seront autorisées à jouer sur un terrain de foot officiel en Allemagne.

Attitude radicalement différente aux États-Unis, le pays a, depuis 1972, adopté le “Title IX”. Ce dernier est un texte interdisant toute discrimination basée sur le genre dans les établissements d’enseignement primaire, secondaire et supérieur. Ils ont l’obligation de permettre aux filles et aux femmes d’avoir accès aux meilleurs entraîneurs et aux meilleurs stades. Cette égalité est une condition capitale pour bénéficier des subventions Étatiques.

Grâce à ce “levier légal” les femmes ont reçu leur part de ce gateau sportif et effectivement professionnalisé leur pratique sportive en utilisant les bourses universitaires qui permettent aux

meilleures sportives et sportifs d’avoir des conditions d’études aménagées pour une pratique harmonieuse et simultanée des deux activités.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Le nombre de sportives scolaires a été multiplié par 3,75 entre 1972 et 2018. Il est passé de 800 000 à plus de 3 000 000. Ultime preuve flagrante de l’efficacité des dispositifs légaux et sociaux : la moitié des 30 millions de footballeuses du monde vivent en Amérique du Nord (États-Unis et au Canada).

Il est logique que ces joueuses vivant dans un pays où le football féminin est de très haut niveau brillent en coupe du monde et infligent un score tel que le 13-0 enregistré face à la Thaïlande le 11 juin à Reims.